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Prière et exaucement
 
 

« Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez reçu, et vous le verrez s’accomplir (1) » (Jésus-Christ, Evangile selon Marc 11.24)

 
 

En lisant cette promesse mise en exergue, on peut être étonné de la simplicité du fondement de l’exaucement de la prière. Dès lors, doit-on être naïf comme un enfant et prendre Dieu au mot, sachant que par ailleurs Jésus-Christ a déclaré qu’il faut ressembler à des enfants pour pouvoir entrer dans son royaume (cf. Matthieu 18.3) ? Selon cette logique, n’importe qui aurait le droit de demander n’importe quoi ! Certainement pas. Un voleur par exemple aurait-il le droit de demander de ne pas être pris par la police pour ne pas expier son forfait ? Cela paraît vraiment grotesque. Dieu ne peut cautionner les crimes et protéger les malfaiteurs qui n’ont aucunement envie de se repentir. Cette affirmation suppose donc nécessairement d’autres conditions à l’exaucement de la prière. Dans cet article, nous nous attarderons particulièrement sur les deux principales exigences de l’exaucement : demander selon la volonté de Dieu et prier au nom de Jésus.


Demander selon la volonté de Dieu

Souvent, on croit connaître la parole de Dieu, mais en réalité elle n’est pas encore suffisamment ancrée en nous, elle est peut-être plus une connaissance intellectuelle qu’une expérience avec Dieu. Dès lors, le blocage de l'exaucement se trouverait du côté de celui qui prie, mais dont les mots n’ont pas été inspirés par le Saint-Esprit. Ainsi, la prière ne reflèterait que la volonté de l’homme de réaliser son projet personnel… généralement à l’opposé du dessein divin. Et alors dans ce cas, le silence de Dieu serait même salutaire pour la personne !

Rappelons qu’on n'achète pas Dieu – qui est souverain – et qu’on ne peut, par la prière, infléchir sa volonté. Bref, les demandes non en conformité avec sa volonté ne peuvent être exaucées. L’apôtre Jean est très explicite sur ce sujet : « Bien-aimés, si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l'assurance devant Dieu. Quoi que ce soit que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous faisons ce qui lui est agréable » (1 Jean 3.21-22) ; « Nous avons auprès de lui cette assurance que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. Et si nous savons qu'il nous écoute, nous savons que nous possédons la chose que nous lui avons demandée, quelle qu’elle soit » (1 Jean 5.14-15). Ainsi le chrétien est invité à prier en ajoutant : « si telle est ta volonté ». En effet, nous ignorons souvent ce que Dieu désire pour notre propre vie ou pour celles des personnes que nous portons dans la prière. Toutefois, nous pouvons nous réjouir en sachant que tout ce qui correspond au dessein de Dieu pour nous s’accomplira.


Prier au nom de Jésus

Jésus lui-même enseigne que la prière passe par son nom. Il promet que ce qui est demandé « en son nom » sera accordé : « Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Fils manifeste la gloire du Père. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. » (Jean 14.13-14, NFC). Prier en son nom ouvre l’accès au Père et remplit la joie du disciple : « Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : si vous demandez quoi que ce soit au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en mon nom. Demandez et vous recevrez, et ainsi votre joie sera complète » (Jean 16.23-24, NFC).

Cela ne consiste pas à ajouter à la fin d’une prière une formule magique pour céder à nos penchants égoïstes ! Dieu n’est pas un distributeur automatique de bénédictions. Il est un Père qui écoute, qui aime, qui répond selon sa sagesse. Prier au nom de Jésus, « c’est prier en Jésus lui-même, le seul médiateur qui nous ouvre l’accès au trône de la grâce, c’est prier dans une communion intime avec lui, selon sa volonté, par son Esprit, qui seul nous communique la puissance d’accomplir cet acte religieux (1) ».

Dans cette dynamique de l’exaucement, notons que chaque personne de la Trinité joue un rôle complémentaire. Dieu est la source de tout bien. Jésus-Christ, est le médiateur, c’est en son nom que nous prions parce qu’il nous ouvre l’accès au Père. Quant au Saint Esprit (dont la dimension est souvent sous-estimée), c’est lui qui accomplit et manifeste la puissance de Dieu. Le Saint Esprit ne se limite donc pas à nous aider à prier. Plus encore, il réalise concrètement la volonté divine dans la vie du croyant. Lorsque l’exaucement prend la forme d’une intervention plus visible – par exemple, dans le cas d’une guérison – le Nouveau Testament attribue clairement ces œuvres à la puissance de l’Esprit agissant au nom de Jésus.


Les limites implicites de l’exaucement

Mais alors, pourquoi certaines prières semblent-elles rester sans réponse ? Au-delà des deux principales conditions à l’exaucement évoquées plus haut, la Parole nous montre que ce dernier n’est pas automatique, mais que la prière exaucée est celle qui naît d’un cœur uni à Christ et soumis au Père.

Tout d’abord, il faut reconnaître que Dieu ne nous a pas promis le paradis ici-bas ! Comme tous les hommes, les croyants souffrent, vieillissent et meurent. Pour autant, quand Dieu ne les délivre pas de leurs souffrances, indéniablement, il les accompagne en leur donnant la force pour les supporter.

Remarquons à ce propos que l'apôtre Paul n'a pas été exaucé comme il le souhaitait (2 Corinthiens 12.9). L'exaucement dépend avant tout de la volonté de Dieu pour notre bien. Si nous insistons trop, Dieu peut nous exaucer, mais cet exaucement ne sera pas forcément une bénédiction. Ainsi, le roi Ezéchias a été exaucé en recevant une prolongation de sa vie de 15 années (2 Rois 20.6) et pendant cette période, il a eu un fils, Manassé qui… « fit ce qui est mal aux yeux de l'Eternel » (2 Rois 21.2) !

Enfin, il faut considérer l’exaucement de la prière dans l’optique de l’attente. Dieu, en effet, nous demande à plusieurs reprises d’être persévérants : « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5.17) ; « Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces » (Colossiens 4.2) ; « Il est bon d’attendre en silence le secours de l’Eternel » (Lamentations de Jérémie 3.26). Mais dans tous les cas, il est prêt à nous répondre, souvent de façon inattendue et surprenante.

Par contre, dans certaines situations extrêmes, Dieu – par amour pour ses créatures et aussi afin de se révéler à elles – est capable de répondre immédiatement à la prière éclair ou à l’appel au secours de n’importe quel homme ou femme.

Parfois même, sa réponse semble être (à priori) aux antipodes de notre requête comme en témoigne ce proverbe malgache : « J'ai demandé à Dieu une fleur, il m'a donné un cactus. Je lui ai demandé un papillon, il m'a donné un ver. Mais le cactus a donné une fleur et le ver s'est mué en papillon ! »

Mieux que nous, Dieu connaît nos besoins, et dans l'exaucement de nos prières – même lorsqu’il semble tarder –, nous pouvons aussi discerner un enseignement moral ou pratique qui, finalement, nous aide à progresser dans notre vie de foi. N’oublions pas non plus qu’il « peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons » (Ephésiens 3.20).

 
Karin Bouchot
 

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1. Bible Annotée, Extrait du commentaire biblique de Jean 14.13 [En ligne]. Site Levangile [consulté en décembre 2025]. Disponible sur internet : https://www.levangile.com

 
 
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