L’Evangile met en lumière un paradoxe douloureux qui continue de nous dérouter : le Christ, envoyé du Père pour apporter le salut, a été rejeté par ceux-là mêmes qui l’attendaient ! De surcroît, comme chacun peut l’observer partout dans le monde, le rejet du Christ n’est pas seulement un drame ancien, mais une réalité qui persiste aujourd’hui et ne cesse de s’aggraver. Dans ce qui suit, nous cherchons à comprendre cette attitude volontaire de rejet à l’égard du Christ.
Le rejet du Christ, un drame ancien
Ce drame n’est pas un accident de l’histoire. Le peuple d’Israël avait été préparé pendant des siècles à reconnaître le Messie. Il lisait la Loi, chantait les psaumes et attendait la consolation d’Israël. Les prophètes avaient annoncé sa venue, les Ecritures avaient tracé son portrait, les rites et les fêtes en portaient l’empreinte. Et pourtant, lorsque le Messie si impatiemment attendu parut, il ne fut pas reconnu : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jean 1.11). Au lieu de le recevoir dans la joie, certains se mirent à le haïr avec violence. Non par ignorance, mais par résistance intérieure. La venue de Jésus révélait les ténèbres, et cette révélation dérangeait.
Alors l’endurcissement s’installa. La contestation devint hostilité. L’hostilité devint condamnation. Et le rejet trouva son accomplissement au Golgotha. Une violence telle que nous en restons encore stupéfaits. Le Fils de Dieu, venu pour sauver, est traité comme un imposteur. Celui qui apporte la paix est exécuté comme un criminel. Ce rejet manifeste la force du conflit spirituel que Jésus a introduit dans le monde.
Un rejet qui continue aujourd’hui
Notre monde occidental a été façonné par des siècles de christianisme. Les cathédrales dominent toujours les villes. Les calendriers portent la trace des fêtes chrétiennes. Les valeurs de dignité humaine et de charité sont fondées sur l’Evangile.
Pour autant, dans nos sociétés sécularisées, le rejet du Christ n’a pas disparu. Il est devenu un étranger dans sa propre maison. On connaît son nom, mais on ne le reçoit pas. Son Evangile est jugé trop exigeant et démodé. On conserve son héritage culturel, mais on refuse son autorité vivante.
Depuis les années soixante, il est bien triste de voir la méfiance que suscite le fait religieux et pire, d'observer le développement exponentiel de la culture du mépris et de la haine à l’encontre du christianisme. Dans de très nombreux pays, on assiste à une dégradation consternante de la liberté religieuse et ce rejet a pris un visage brutal. Selon l’organisation Portes Ouvertes, aujourd'hui dans le monde plus de 388 millions de chrétiens sont exposés à des persécutions et discriminations fortes en raison de leur foi en Jésus, soit un chrétien sur sept (1).
Jésus en personne nous avait pourtant avertis : « Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu'il m'a haï avant vous » (Jean 15.18). Le disciple n’est pas au-dessus du maître ! Ne dévaluons pas la violence et la profondeur du conflit que Jésus a apporté jadis et qu’il apporte encore. Le Christ dérange. Il dérange parce qu’il appelle à la conversion. Il dérange parce qu’il affirme être « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14.6). Il dérange parce qu’il ne se laisse pas réduire à une option spirituelle parmi d’autres.
Ainsi, au-delà des débats religieux ou culturels, cet enjeu éternel reste le même qu’au premier siècle : accueillir le salut… ou le refuser !
Pourquoi tant de rejet ?
L’apôtre Jean, dans son évangile, confie cette vérité austère : « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière » (Jean 3.19). En effet, la lumière révèle ce que l’on préfère cacher ! Si le monde globalement rejette le salut, c’est essentiellement parce que le salut biblique commence par un diagnostic dérangeant : l’homme a besoin d’être sauvé ! Il n’est pas autosuffisant. Il ne peut pas se sauver lui-même. Or notre culture exalte l’autonomie absolue. Dans ce contexte, entendre que nous avons besoin d’un Sauveur peut sembler humiliant.
Le rejet contemporain n’est que l’expression renouvelée d’un vieux drame : l’homme veut le salut sans le Sauveur, la grâce sans la repentance, la vie sans la mort à soi-même.
Mais l’Evangile n’est pas une humiliation, il est une libération. Il ne vient pas pour écraser l’homme, il vient le libérer. Le Christ ne s’impose pas par la force, il se tient à la porte et il frappe. Le rejet du salut est tragique parce qu’il prive l’homme de la vie éternelle.
Conclusion
Depuis toujours, Dieu offre son amour et son salut à tous. Pourtant, la Bible montre que beaucoup d’hommes et de femmes ont choisi de ne pas l’écouter. Même lorsque Jésus est venu sur terre, beaucoup l’ont vu, l’ont entendu, mais ont refusé de croire en lui. Ils attendaient autre chose, ou ne voulaient pas changer leur manière de vivre. Seule une petite partie des gens a reconnu qui il était et a décidé de le suivre. C’est ce petit groupe que la Bible appelle « le reste ». Ce sont ceux qui ont accepté le message de Jésus, même quand la majorité le rejetait. Ils n’étaient pas parfaits, mais ils voulaient vraiment marcher avec Dieu.
Aujourd’hui, la situation n’a pas tellement changé. Beaucoup entendent parler de Jésus, mais la plupart préfèrent l’ignorer ou pensent ne pas avoir besoin de lui. Cependant, il y a encore des jeunes et des adultes qui choisissent de croire, de suivre son enseignement et d’accueillir le salut. Ils constituent vraisemblablement une minorité, mais sûrement le véritable peuple de Dieu, en quelque sorte le « reste contemporain », ce que confirme le passage significatif suivant de l’épître de Paul aux Romains : « Il en est de même aujourd’hui. A présent encore subsiste un reste de fidèles, un petit nombre de croyants » (Romains 11.5, Parole vivante par Alfred Kuen).
Et demain, la Bible affirme que rien ne changera. En considérant les paroles du Christ, on a de bonnes raisons de penser que les croyants resteront probablement une minorité dans l’avenir. En effet, celui-ci nous laisse aussi entendre qu’à la fin des temps, une vive hostilité se manifestera entre la minorité croyante et la majorité rejetant son nom : « Il viendra un temps où le monde entier vous haïra parce que vous portez mon nom » (Marc 13.13, Parole vivante par Alfred Kuen). Jésus posa également à ses disciples cette question significative : « Lorsque le Fils de l’homme reviendra, trouvera-t-il encore, sur la terre, des hommes qui ont confiance en lui ? » (Luc 18.8, Parole vivante par Alfred Kuen).
Bref, même si le monde devient de plus en plus mauvais, il y aura toujours des personnes qui recevront avec joie le salut malgré le rejet autour d’eux. Respectant notre liberté – fruit de son vouloir – Dieu ne nous contraint pas à accepter son salut, mais nous invite par contre, à choisir le bon chemin pour avoir accès à la vie nouvelle : « Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité » (Deutéronome 30.19). Notre choix conditionnera notre destin ; aussi, si cela n’est déjà fait, ne tardons pas à lui répondre et à nous joindre à cette minorité croyante perpétuelle. |