Pourquoi tant d'Eglises chrétiennes ?
 
 

« Plus les hommes de toutes races se rapprocheront de Christ et de sa croix, plus ils se rapprocheront les uns des autres (1) » (Dr Billy Graham).

 
 

« Pour beaucoup, aujourd’hui [constate Jean-Pierre van Deth, spécialiste des questions œcuméniques], la désunion des chrétiens est peut-être moins un scandale qu’une absurdité et un anachronisme. Mieux encore, la division des croyants en religions diverses apparaît comme un non-sens car si Dieu ne peut être multiple, il ne peut non plus y avoir division entre ses fidèles (2). » « Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous » affirme en effet la Bible (Ephésiens 4.5-6). S'il n'y a donc qu'un seul Dieu, il ne saurait y avoir plusieurs théologies !

Et pourtant au sein du christianisme, nous sommes obligés de reconnaître l'existence d'une multitude d’Eglises. Pourquoi une telle diversité ? Tentons de répondre à cette question posée fréquemment aussi bien par des non-croyants que des chrétiens. Mais auparavant, rappelons brièvement ce qu'est le christianisme et qu'elle est sa source.


Définition du christianisme en quelques mots

De très nombreux livres ont été écrits sur le christianisme et son histoire, nous n'avons pas besoin d’en faire une nouvelle description ici. D’ailleurs, nous en serions bien incapables ! Dans un premier temps et pour faire simple, on peut se référer au Petit Larousse qui définit le christianisme comme la religion fondée « sur la personne et l'enseignement de Jésus-Christ (3) ». Quoique fort succincte, cette définition a néanmoins l'avantage de nous conduire directement à la personne du Christ, centre de la doctrine chrétienne et par lequel Dieu a pourvu au salut des hommes.

On peut encore dire avec fondement que le christianisme est une religion exceptionnelle de par son essence même : l’amour inconditionnel de Dieu pour ses créatures. Une relation unique totalement absente dans les deux autres religions révélées et dans toutes les philosophies humaines. Dieu donne à l'homme une intelligence, un libre arbitre et la promesse d'un bonheur parfait pour l'éternité. Hélas, on sait que le mauvais choix de l’homme ne tarde pas à altérer cette relation. Mais Dieu, dans son amour absolu pour ses créatures – afin de leur permettre néanmoins d'accéder à la vie éternelle – a prévu un plan inouï de sauvetage de l’humanité.


La source du christianisme

Cette « histoire du salut », c'est justement ce que rapporte la Bible… qui est le texte fondateur du christianisme, la source et le fondement de la foi chrétienne. Un livre par excellence, parfaitement suffisant pour faire connaître les desseins du Créateur à l'égard de l'homme et contenant notamment tout ce que ce dernier doit savoir pour accéder au salut.

« La Bible ne constitue pas simplement un antique trésor littéraire ou une mine de documentation sur l’histoire des idées morales et religieuses d’un peuple [pouvons-nous lire dans l’introduction à la TOB]. La Bible n’est pas seulement un livre où l’on parle de Dieu ; elle se donne elle-même comme un livre où Dieu parle à l’homme, comme en témoignent les auteurs bibliques : “Il ne s’agit pas d’une parole sans importance pour vous, c’est votre vie“ (Deutéronome 32.47, TOB). “Ces signes ont été consignés dans ce livre pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom“ (Jean 20.30-31, TOB). […] Les auteurs bibliques ne veulent être que les porte-parole d’une Parole qui s’adresse à tout homme, en tout temps et en tout lieu. […] Fondée sur ce témoignage de la Bible, la foi n’est pas un élément fossile. […] La Bible renvoie toujours le lecteur à la foi vécue, comme la foi vécue le renvoie toujours à la Bible où elle plonge ses racines (4). »

Par ailleurs, nous sommes en plein accord avec les lignes suivantes empruntées au best-seller qu’a été le manuel biblique intitulé La Bible déchiffrée : « Si nous voulons connaître Jésus et son enseignement, il faut nous tourner vers le Nouveau Testament, vers le témoignage de ceux qu’il a lui-même choisis et chargés de transmettre son enseignement. […] Si nous acceptons l’autorité de Jésus, nous pouvons bien accepter le Nouveau Testament comme source de tout ce que nous savons de lui et de son enseignement. Mais nous sommes aussi obligés d’accepter l’Ancien Testament. Car Jésus lui-même […] l’a accepté comme la propre Parole de Dieu à l’homme. S’il fait pour nous autorité, nous ne pouvons faire moins que lui. […] Puisque Jésus a accepté l’Ancien Testament comme Parole de Dieu, le Nouveau Testament s’est contenté de le suivre. Si nous, chrétiens, nous mettons notre jugement ou les traditions dont nous avons hérité au-dessus des Ecritures de l’Ancien et du Nouveau Testaments, […] nous nous coupons de l’unique source de la connaissance de Dieu (5). »

Tous les catholiques, protestants et orthodoxes ont au moins un point commun, ils ont toujours admis l'inspiration divine de la Bible et reconnu celle-ci comme étant la Parole de Dieu écrite. Par exemple, le 20 avril 2002 au Vatican, devant 85 participants de la Rencontre des Sociétés bibliques, l’ancien pape Jean-Paul II ne manque pas de souligner l'importance de leur engagement pour la cause de l'unité des chrétiens, après avoir surtout rappelé la raison d'être de ces dernières : « Pendant de nombreuses années, les Sociétés bibliques ont traduit et distribué les textes de l'Écriture, travail essentiel pour la proclamation du Christ au monde. Nous ne parlons pas seulement de paroles, mais nous devons dire : c'est la Parole de Dieu même (6) ! »

L'origine divine de l'Ecriture lui confère automatiquement une indiscutable autorité : « Quand nous vous avons annoncé la parole de Dieu, vous l’avez écoutée et accueillie non comme une simple parole humaine, mais comme la parole de Dieu, ce qu’elle est réellement » (1 Thessaloniciens 2.13, BFC). A l’exemple de la fidélité de ces premiers chrétiens de Thessalonique évoquée par saint Paul dans le verset ci-dessus, si tous les chrétiens du monde aujourd'hui voulaient se soumettre à la seule autorité de la Parole de Dieu, alors nous pourrions espérer l'unité dans le christianisme.

Malheureusement, la réalité nous oblige à faire un raisonnement inverse : l’Ecriture n’étant plus souveraine pour tous les chrétiens, il en résulte inévitablement un christianisme pluriel… mais riche de sa diversité ! Nous touchons là le problème fondamental du monde chrétien, que nous allons essayer d’analyser.


Pourquoi une telle diversité dans le christianisme ?

En fait, plusieurs raisons peuvent expliquer la diversité chrétienne. Nous en identifierons quatre principales sur lesquelles nous nous attarderons quelque peu : les différentes méthodes d’interprétation de la Bible, l’influence des traditions, des retours à la Bible inégaux, la reconnaissance de la liberté de conscience et de religion.

Les différentes méthodes d’interprétation de la Bible

« Comprends-tu ce que tu lis ? […] Comment pourrais-je comprendre, si personne ne m’éclaire ? » (Actes 8.30-31, BFC). Cette « question de Philippe au ministre de la reine d’Ethiopie, et la réponse de celui-ci, rappellent tout lecteur de la Parole de Dieu qu’il ne suffit pas de simplement lire. Le contenu profond de ces textes, leur teneur spirituelle doit se comprendre. [N’oublions pas que la Bible est le produit d’une collaboration du divin avec l’humain, NDLR] Il faut donc les interpréter. […] Entre le stade de la lecture et celui de la compréhension, se glisse obligatoirement une étape interprétative. […] On appelle herméneutique cette recherche du sens, de la signification et (éventuellement) de la portée des textes (7) ».

Or, à de très nombreuses époques, l’histoire de la chrétienté montre que l’herméneutique s’est laissé séduire par une lecture « loin du texte »… qui vide l’Ecriture de son sens ! François Bluche et Pierre Chaunu, tous deux professeurs d'université et historiens reconnus, vont même jusqu’à dire que « c’est une tentation permanente. […] La lecture très loin du texte, la lecture allégorique, allusive, le choix dans la tradition de ce qui semble cadrer plus facilement avec la culture du moment est une tradition dans l’Eglise (8) ».

Mais on ne se détache pas sans dommage d’un écrit divinement inspiré. Le sens primitif de l’Ecriture s’émoussant alors surgissent rapidement des interprétations différentes, voire contradictoires. Pour finir, une pluralité des lectures et des interprétations engendrant immanquablement à toutes les époques historiques des divergences parmi les chrétiens, et parfois des disputes qui conduisent à la division. Sans parler des nombreuses interprétations erronées et arbitraires génératrices d’hérésies !

Pour terminer ce paragraphe sur une note optimiste, reconnaissons toutefois que « les multiples façons de lire aujourd’hui la Bible et les nombreuses méthodes d'interprétation utilisées de nos jours ont apporté un enrichissement certain en permettant de découvrir une plus grande plénitude du message des Saintes Ecritures. […] Nous bénéficions des apports de l’archéologie, du développement des sciences humaines (psychologie, psychanalyse, linguistique, sociologie, etc.) qui donnent accès à de nouvelles possibilités d’interprétation des textes bibliques, qualifiés généralement de grilles de lecture. Malgré les risques que cela comporte, notre lecture de la Bible peut s’en trouver enrichie (9) ».

L’influence des traditions

La division du christianisme est due aussi à des divergences entre les traditions. Si nous considérons les principales familles chrétiennes – catholique, orthodoxe et protestante – il est certain que chacune a sa propre tradition (bien que la dernière s’en défende).

Plus précisément, l’un des principaux points de désaccord entre ces trois grandes confessions porte sur le rôle de la tradition par rapport à celui de la Bible. Ainsi, les communions catholique et orthodoxe « ne distinguent pas l’autorité de la Bible de l’autorité de la Tradition ecclésiastique [écrit l’historien Daniel Robert] ; si bien que, du point de vue protestant, on ne sait jamais très bien, quand les catholiques ou les orthodoxes parlent de l’autorité, s’il s’agit de quelque chose qui remonte véritablement à la Bible, ou de quelque chose qui est dans la Tradition et auquel dans l’exposé, on rajoute quelques références bibliques (10) ». Pour les protestants, le rôle de la Bible est plus marqué alors que celui de la tradition est plus faible.

Pourtant, l’Ancien Testament est très ferme sur ce point : « Toute parole de Dieu est éprouvée. [...] N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur » (Proverbes 30.5-6). Néanmoins, les docteurs de la loi, contemporains du Christ tombent dans ce piège et Jésus ne manque pas de le leur reprocher : « Vous rejetez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. [...] annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie » (Marc 7.9-13).

Dans son épître aux Colossiens, Paul à son tour avertit les premiers chrétiens de ce risque permanent : « Prenez garde qu’il ne se trouve quelqu’un pour vous réduire en esclavage par le vain leurre de la philosophie, selon une tradition tout humaine, selon les éléments du monde, et non selon le Christ » (Colossiens 2.8, La Bible de Jérusalem). Hélas, on sait que l'Eglise post-apostolique ne tiendra pas toujours compte de ces mises en garde réitérées !

Très tôt, les Pères de l’Eglise et les théologiens éprouvent le besoin de commenter les écrits bibliques. A partir du IIIe siècle, on commence à transmettre de génération en génération ces écrits des Pères et surtout à leur donner une autorité équivalente, voire supérieure à celle de la Bible.

C’est ainsi que l’on se met à distinguer en dehors des livres canoniques une autre source – orale ou écrite – de la doctrine révélée : « Cette transmission vivante, [pouvons-nous lire dans le Catéchisme de l'Eglise catholique] accomplie dans l’Esprit Saint, est appelée la Tradition en tant que distincte de la Sainte Ecriture, quoique étroitement liée à elle. […] L’enseignement des saints Pères atteste la présence vivifiante de cette Tradition […] Il en résulte que l’Eglise à laquelle est confiée la transmission et l’interprétation de la Révélation ne tire pas de la seule Ecriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec égal sentiment d’amour et de respect (11). »

Au fur et à mesure que l'importance de la tradition et des premières confessions de foi augmente, la jeune Eglise se désolidarise lentement de ses origines. « Avec le temps, [observe René Pache] on en vient à regarder la tradition comme plus précieuse, plus nécessaire, plus pratique que la Bible. [...] On trouve plus simple de se fier aux commentateurs, aux interprètes, aux casuistes. Le texte est obscur, et le commentaire précis. Le texte est sévère, le casuiste accommodant. Le texte est profond et a plusieurs faces, l'interprète superficiel n'en voit qu'une seule (12). »

Très vite, le mot tradition prend un T majuscule, tandis que la Bible cesse d’être la seule référence dans la chrétienté. Les propositions de foi se transforment progressivement en directives puis en dogmes dépourvus pour la plupart de fondement biblique ou contredits par l’Ecriture elle-même.

Pire, l’Eglise – étant influencée dès les premiers siècles par de nombreuses philosophies et superstitions païennes – ne peut empêcher l'émergence d’un syncrétisme religieux à travers certains éléments du message évangélique proclamé… ce qui équivaut ni plus ni moins à sa déformation !

« La proclamation en 1870, au premier concile du Vatican, de l’autorité infaillible du pape […] a accentué la coupure entre les confessions (13). » A ce concile, « le recours à la tradition prit une telle importance que le pape Pie IX aurait eu ce mot discutable : “La tradition, c’est moi“ (14) » !

Certes, nous ne devons pas pour autant rejeter unilatéralement la tradition. Cette interprétation de la Révélation s’avère utile aussi longtemps qu’elle aide à comprendre les passages bibliques difficiles mais, comme l’écrit Jacques Blocher, ancien professeur de la Faculté libre de théologie évangélique de Vaux-sur-Seine, « il ne faut jamais confondre l’explication d'un texte avec le texte lui-même. Il ne faut pas que l’explication aboutisse à l’annulation du texte. [...] La tradition ne peut être qu'explicative, elle doit être soumise au document (15) ».

C’est pourquoi de son côté, « le protestantisme entretient avec la notion de tradition une relation critique mais non pas négative. Son principe consistant à ne reconnaître d’autorité qu’à l’Ecriture l’amène à récuser l’idée d’une autorité de la tradition (Pères, conciles, magistère). […] Ce principe critique est bien attesté dans les trois grands courants issus de la “Réforme magistérielle“, autrement dit le luthéranisme, le calvinisme et l’anglicanisme (16) », comme l’observe Hubert Bost, directeur d’études à la section des Sciences religieuses de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris (Sorbonne).

En faisant une petite digression, nous voulons cependant souligner ici que, depuis son origine, l’Eglise catholique a d’une façon générale contribué à sauvegarder et à répandre activement l’évangile dans le monde entier. Par exemple, reconnaissons-lui le mérite d’avoir, dès les premiers siècles, défendu contre vents et marées le mystère de la Trinité, l’un des fondements du christianisme.

Ou encore, et pour être plus dans notre sujet, remarquons avec le professeur de théologie Karl Heinz Neufeld que « Vatican II n’est pas seulement le résultat d’une nouvelle réflexion sur la tradition, mais aussi le point de départ des recherches qui doivent aujourd’hui être entreprises dans l’intérêt de la foi chrétienne. […] On a davantage pris conscience de la difficulté du choix qu’on est inévitablement amené à faire au sein de la tradition, de la nécessité de distinguer entre l’important et le secondaire (17) ».

De plus, nous pouvons saluer la publication par ce concile de la Constitution Dei Verbum sur la Révélation divine, premier document consacré à la Bible exprimant une réelle volonté de la rendre au peuple de Dieu et de renforcer sa place dans la vie chrétienne : « Il faut que l’accès à la Sainte Ecriture soit largement ouvert aux fidèles du Christ. […] le saint Concile exhorte de façon insistante et spéciale tous les fidèles du Christ, et notamment les membres des ordres religieux, à acquérir par la lecture fréquente des divines Ecritures, la science éminente de Jésus-Christ (18). »

Notons d’autre part l’esprit d’ouverture œcuménique prôné par les réformateurs de Vatican II et leur invitation à une large collaboration entre catholiques et protestants particulièrement dans la traduction et la diffusion de la Bible (la Traduction Œcuménique de la Bible et La Bible Expliquée sont deux exemples éloquents de cette collaboration interconfessionnelle).

Il faut également rappeler que l’Eglise catholique a revu sa position sur les droits de l’homme. La reconnaissance et l’acceptation de la liberté religieuse illustrent et renforcent le tournant historique amorcé par Vatican II « qui s’est avéré, au cours des quarante dernières années [écrit Thomas Domanyi, professeur d’éthique et de théologie sociale], constituer le point de départ d’un processus de renouvellement fondamental du catholicisme. Pour l’observateur extérieur, le changement se manifeste dans l’ouverture au monde et l’ouverture d’esprit dont fait preuve l’Eglise catholique romaine dans ses contacts avec les autres Eglises, la société, ainsi que les grandes questions en suspens dans la société. L’engagement répété de l’Eglise catholique en faveur de la liberté religieuse constitue l’un des signes les plus marquants de cette ouverture (19) ».

Signalons enfin le Synode des évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église qui s’est tenu au Vatican du 5 au 26 octobre 2008. Dans la ligne du document conciliaire Dei Verbum, ce « concile miniature » s’est proposé « d’encourager l'amour profond pour les Saintes Ecritures » en souhaitant que tout soit fait pour « étendre et renforcer la pratique de la rencontre avec la Parole de Dieu comme source de vie (20) ».

Bref, depuis Vatican II, les catholiques ont vraiment redécouvert la Bible comme source essentielle de vérité… et l’on peut s’en réjouir ! Bon nombre appréciant par ailleurs le fait que « l’administration et la théologie de l’Eglise catholique romaine ne remettent plus en cause les droits de l’homme, liberté religieuse incluse […] sont aujourd’hui plus exigeants [ajoute Thomas Domanyi, cité précédemment]. Ils demandent une liberté religieuse dans l’Eglise elle-même, c’est-à-dire une liberté religieuse interne à l’Eglise (21) » ! Mais, nous reviendrons sur ce thème plus loin. Fermons maintenant la parenthèse pour revenir à notre propos principal.

Des retours à la Bible inégaux

A plusieurs époques de l'histoire, des hommes et des femmes – indignés par la corruption et la débauche gagnant le rang des prélats, l’éloignement du message apostolique et les erreurs doctrinales – entreprennent, toutefois de manière inégale, un retour à l’autorité de l'Ecriture, et cela explique aussi la pluralité des Eglises chrétiennes.

Mentionnons tout d'abord le mouvement des vaudois qui, à la fin du XIIe siècle, sous la conduite de Pierre Valdo – se réclamant de la seule autorité des textes sacrés auxquels tout le monde doit pouvoir accéder et se voulant restaurateur du christianisme primitif – se met à prêcher la puissance de l’Evangile dans les rues et sur les places publiques. En dépit de l’inquisition, ces précurseurs du protestantisme jettent ainsi les bases de la Réforme trois siècles avant Luther !

Parmi les autres précurseurs de la Réforme, on ne peut omettre de citer également le réformateur tchèque Jan Hus (v. 1369-1415). Adhérant aux idées réformatrices du théologien anglais John Wyclif, ancêtre de l’anglicanisme (v. 1320-1384), Hus prêche un retour à l’Église apostolique. Selon lui, l’Évangile est « la seule règle infaillible et suffisante de la foi, et tout homme a le droit de l’étudier pour son propre compte (22) ». Après son excommunication, puis sa mort sur le bûcher pendant le concile de Constance, ses partisans créent l’Eglise hussite.

C'est au XVIe siècle que débute vraiment le grand mouvement réformateur qui donne naissance en Europe au protestantisme au sein duquel se constituent les trois grandes familles : luthérienne, calviniste et anglicane. Retourner aux origines, à la simplicité de l’Evangile, telle est en substance la volonté des réformateurs… mais à quel prix !

« On parle généralement de Réforme ou de Réformation pour désigner le courant religieux suscité par les écrits de Luther à partir de 1520 en Allemagne, par ceux de Zwingli en Suisse et de Calvin en France. Ce courant se répand rapidement dans toute l’Europe. En Europe du Nord, de nombreux princes et dirigeants adoptent le luthéranisme qui devient religion officielle. La plupart des Eglises luthériennes adoptent la Confession d’Augsbourg, rédigée en 1530. En France, le premier synode réunissant les Eglises réformées en 1559 adopte la Confession de foi dite Confession de foi de La Rochelle. En Angleterre, la Réforme prend une forme spécifique, l’anglicanisme (23). »

Tout en disposant d'un fond doctrinal commun (le sacerdoce universel, la reconnaissance de la seule autorité souveraine qu’est la Parole de Dieu et surtout la prédication de la justification par la foi seule, principe essentiel du protestantisme), ces principales Eglises issues de la Réforme se différencient cependant sur de nombreux points.

Peu de temps après, aux XVIIIe et XIXe siècles, consécutivement à un renouveau spirituel du protestantisme appelé Réveil – simultanément en Europe et en Amérique –, naissent d’autres Eglises dites « évangéliques », héritières de la Réforme, qui se mettent à enseigner des vérités bibliques nouvellement découvertes et négligées dans les Eglises protestantes. Ainsi, par exemple, les baptistes remettent en valeur le baptême des adultes par immersion, les adventistes attachent plus d'importance au retour du Christ tandis que les pentecôtistes (un peu plus tard dès le début du XXe siècle) soulignent l’actualité des dons du Saint-Esprit.

Essayons de représenter graphiquement en « mode planétaire » (voir figure ci-dessous) la position de ces principaux groupes chrétiens par rapport à la communauté d'origine. Alors que nous observons celle-ci au centre du graphique, les Eglises attachées à une très forte tradition (Eglises catholique et orthodoxe) – figurant sur le cercle extérieur – paraissent les « plus éloignées ». Significativement en retrait de ces dernières, se situent les confessions nées de la Réforme. Bien que leur retour historique vers la source ait été inachevé, on sait que ces Eglises protestantes mettent essentiellement l'accent sur l’Ecriture tout en se démarquant de la tradition. Quant aux Eglises « évangéliques » ayant en quelque sorte poursuivi la Réforme, elles se distancient très nettement des Eglises à forte tradition pour se rapprocher davantage de la communauté primitive, du moins pour les « plus évangéliques ».

Bien qu’un tel schéma ne puisse être que très imparfait, il a au moins le mérite de nous donner une idée de l’éloignement des grandes « familles chrétiennes » par rapport à la communauté chrétienne primitive et d’autre part, une image des écarts de ces familles entre elles.

Reconnaissance de la liberté de conscience et de religion

En matière de liberté, on sait que Dieu a donné avant tout à l'homme le libre arbitre de la volonté… même si ce principe conduit à la diversité ! Les humains peuvent donc se déterminer librement face au chemin de vie proposé par leur Créateur et s’affranchir par exemple de toute idéologie humaine, traditions pesantes ou croyances populaires qui blesseraient leur conscience.

Ce droit naturel fondamental énoncé par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 est consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme, texte majeur de l’histoire de l’humanité adopté à l'unanimité le 10 décembre 1948 par les 58 Etats membres qui constituent alors l'O.N.U.

De cette Déclaration universelle, citons seulement l'article 18 en relation directe avec notre propos : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites (24) ».

Par contre, force est de constater que depuis la Déclaration universelle des droits de l’homme, la liberté de pensée, de conscience et de religion – inconnue durant de nombreux siècles d’intolérance et de persécutions – contribue elle aussi… à l’accroissement de la diversité du christianisme.

Si la liberté est un bienfait, il faut en revanche également évoquer avec Mary Robinson (Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme) le danger « que le croyant ou non-croyant estime qu’il possède la vérité complète et qu’il cherche donc à l’imposer aux autres. […] C’est exactement le phénomène de domination auquel on assiste dans les sectes, le prosélytisme et autres pratiques religieuses et antireligieuses destructives qui ont si souvent défiguré notre monde (25) ».


Une diversité sans cesse croissante

En résumé, dans l’histoire du christianisme, nous pouvons identifier trois grandes périodes. La première est de courte durée et correspond à l’organisation naissante, un mouvement dynamique dont le seul objectif est de propager un « pur Evangile ». C’est l’étape de formation de l’Eglise. Puis, nous avons vu que très rapidement, dès les premiers siècles, l’Eglise est influencée par les nombreuses philosophies et superstitions païennes. La Vérité se déforme et se recouvre de pratiques qui la dénaturent tandis que l’Eglise chrétienne s’installe et devient une institution humaine faisant, hélas, de plus en plus écran à l’Ecriture. Mais à cette longue « période de déformation » succède la Réforme qui inaugure une réflexion profonde sur la théologie chrétienne en appelant l’Eglise à revenir à son fondement biblique.

Bref, le christianisme s'est progressivement constitué au fil de l'histoire… au prix toutefois de nombreuses souffrances ! Pour répondre sommairement à notre interrogation initiale, on peut dire que chaque époque, de « formation », de « déformation » ou de « réformation », a toujours suscité des réactions inévitables d’adhésion et d’opposition. De ces dernières ont systématiquement résulté la naissance de nouveaux courants de pensée et la floraison de schismes ou de sectes, la répétitivité de ce processus expliquant essentiellement la diversité constatée actuellement dans le christianisme.

Une galaxie chrétienne manifestement en expansion comme en témoignent les statistiques suivantes : « En 1900, on évaluait à 1880 le nombre des dénominations chrétiennes dans le monde. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 33 800 (26) ! »


Diversité mais unité d'esprit

« Unité et diversité [écrit André Birmelé, professeur à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg] ne sont pas des notions contradictoires. La recherche de l’unité de l’Eglise ne signifie pas uniformité. La diversité enracinée dans les traditions théologiques et dans des contextes culturels, ethniques ou historiques divers appartient à la nature même de la communion ecclésiale. […] L’unité de l’Eglise n’exige pas de dépassement des différences mais seulement la transformation de leur caractère : les différences séparatrices doivent, par le dialogue et des engagements communs, perdre leur dimension séparatrice. Ainsi, les oppositions classiques entre protestants et catholiques dans la compréhension du salut ont aujourd’hui perdu leur caractère séparateur et les options des différentes traditions ne s’excluent plus les unes les autres (sans qu’elles soient pour autant parfaitement identiques). Dans ce domaine, la levée des condamnations historiques est aujourd’hui envisagée (27). »

De son côté, l’historien catholique Jean Delumeau pense que « l’avenir du christianisme passe par l’intégration du pluriel, c’est-à-dire par l’acceptation fraternelle des confessions chrétiennes les unes par les autres et l’acceptation non moins nécessaire, dans la charité réciproque, de la diversité à l’intérieur de chacune des composantes du christianisme. [...] L’œcuménisme ne se réalisera pas par un retour des “égarés” dans l’Eglise romaine, mais par une “recomposition” dans une synthèse nouvelle qui aura rétabli l’harmonie entre les Eglises sœurs (28) ».

Dans cette ligne de pensée, voici une note empruntée à la Bible d'étude Vie Nouvelle et à laquelle nous souscrivons entièrement : « Bien des barrières peuvent nous séparer des autres chrétiens : âge, apparence, intelligence, convictions politiques, statut économique, origine ethnique, perspectives théologiques. Un des meilleurs moyens d’étouffer l'amour de Christ est de ne montrer de la sympathie qu’à ceux que nous apprécions. Heureusement, Christ a abattu les barrières et a réuni les croyants en une seule famille. Sa croix devrait être le fondement de notre unité. Le Saint-Esprit nous aide à regarder au-delà des barrières et à voir l’unité dont nous pouvons jouir ensemble (29). »

Si nous pensons que la véritable Eglise (dans le sens de communauté universelle) est d’abord une association d’hommes et de femmes considérés individuellement – et pour l'instant disséminés dans tous les milieux chrétiens ou autres – acceptant l’Evangile et son message d’espérance, alors nous n'avons pas de raison de désespérer de l’unité de l’Eglise.

Comme l’a bien vu le pasteur Edmond Itty : « Diversité ne veut pas dire nécessairement division, ni opposition, ni hostilité. [...] Il existe en effet une unité d’esprit très réelle entre les chrétiens que l’amour de Dieu anime quelle que soit l’Eglise à laquelle ils se rattachent au cours de leur vie. Ils sont frères malgré certaines divergences d’opinions, pourvu qu’elles ne deviennent pas des divergences de cœur. Christ les unit sans les contraindre à entrer dans une même communauté religieuse si leur conscience n'y consent. On peut aimer ses frères sans partager nécessairement toutes leurs idées (30). »

Nous ne pensons pas que cette confrontation des croyances – significative depuis Vatican II – ait été inutile. Au contraire, celle-ci aura notamment permis à des chrétiens de tous bords, de se rencontrer, de se parler, d’échanger des idées, de se respecter et de s’estimer… attitude sociale communément appelée « tolérance ».

Persuadé que le pluralisme religieux offre l’occasion de croître sur le plan personnel, Günther Gebhardt (conseiller spécial à la Fondation Ethique Planétaire) ne dit pas autre chose : « Il s’agit tout d’abord de percevoir la diversité et la différence, non comme des menaces, mais comme des chances de s’enrichir et de vivre d'autres expériences. [...] Il est également essentiel de comprendre que les membres des autres religions ont quelque chose d’enrichissant à nous transmettre, sans que nous ayons pour autant à abandonner nos propres convictions. […] On apprend réellement à connaître ses voisins que si on les découvre, si on va vers eux et si on les rencontre. La coexistence interreligieuse ne peut se faire que si les personnes se côtoient réellement. Il faut donc saisir toutes les occasions qui se présentent. […] Les Eglises chrétiennes offrent pour cela de très bonnes opportunités (31). »

Si aujourd’hui, dans le christianisme contemporain, l’unité des Eglises reste un grand rêve, leur cloisonnement n’est plus forcément un scandale, et leur diversité est une richesse. Avec le dominicain Gabriel Nissim, reconnaissons que « nous avons tous fait l’expérience d’avoir été enrichis, éclairés, nourris par les autres, ceux qui ne sont pas de notre bord, de notre culture, de notre langue ou de notre conviction. La rencontre de l’autre différent est une expérience heureuse qui me permet de sortir de l’orgueil de penser que je suis le seul à avoir raison. Bien loin de m’amener à me renier moi-même, c’est là un chemin qui m’humanise. Bien loin d’amener les religions à renier quoi que ce soit de leur message, ce sera pour elles un chemin d’humanisation (32) ».

Au demeurant, nous sommes tentés de faire nôtres ces belles sentences de Jean Charles Thomas, évêque émérite de Versailles : « Heureux ceux qui vont à la rencontre de ceux dont l’Eglise est loin : non-croyants, croyants d’autres traditions religieuses, pauvres et étrangers, hommes et femmes d’autres cultures. Heureux ceux qui savent écouter la richesse inédite des autres. Heureux ceux qui cherchent d’autres langages que les mots pour entrer en communication avec les autres. Heureux ceux qui acceptent d’aimer même ceux qui refusent de les aimer. Heureux ceux qui acceptent d’exposer leurs idées tout en acceptant que les autres n’y adhèrent pas. Heureux ceux qui suscitent dans l’Eglise et la société des lieux et des temps où chacun puisse être reconnu et prendre la parole. Heureux ceux qui, sans craindre les épreuves, s’enracinent dans la durée et la patience, sans jamais se lasser de faire des petits pas pour rencontrer enfin les autres. […] Heureux ceux qui espèrent toujours : ils trouveront la route qui conduit au cœur des autres et de Dieu. Aller à la rencontre des autres, aussi loin soient-ils de notre foi, de nos idées, de notre culture ; savoir les respecter, les aimer, les écouter, en dépit des conflits et des différences : tel est peut-être le programme de vie du chrétien (33). »


Conclusion

Somme toute, il y a lieu d'être optimiste quant à l’avenir du christianisme… sous réserve cependant que les chrétiens gardent toujours conscience qu’ils ne peuvent se dispenser de leur mission qui découle immédiatement du commandement dicté par Jésus-Christ : « Allez par le monde entier, proclamez l’Evangile à toutes les créatures » (Marc 16.15). Un devoir d’évangélisation qui n’est pas une option facultative et qui, de surcroît, ne concerne pas seulement les ministres consacrés, mais tous les croyants !

Cette vision stratégique de l’entreprise missionnaire ne semblait pas étrangère à la pensée de Ferdinand Buisson (cofondateur et président de la Ligue des droits de l'Homme, proche de Jules Ferry) lorsqu’il écrivait en son temps : « Il s’en faut que le genre humain puisse dire sérieusement qu’il est las de l’Evangile de Jésus et qu’il veut quelque chose de mieux. Il ne le connaît pas, il n’a pas eu le loisir de l’entendre ni la force de l’appliquer : le peu qu’il en a recueilli lui est parvenu défiguré à travers la couche épaisse des superstitions accumulées. Et quant à le mettre en œuvre dans la société humaine, c’est à peine si l’on a commencé (34). »

Si à présent, dans beaucoup d’églises chrétiennes, on peut se réjouir d’un retour à la source du christianisme mêlé à un réveil général de l’esprit missionnaire, il n’en reste pas moins que l’effort accompli demeure insuffisant au regard de tous ceux qui ne connaissent pas encore l’Evangile.

En dépit de cette carence, nous osons penser que l’Esprit de Dieu, qui « souffle où il veut » (Jean 3.8), peut sûrement – en concomitance avec le travail missionnaire – se répandre n’importe où pour montrer à quiconque le chemin du salut. C’est pourquoi, nous sommes également convaincus que – chaque jour, dans tous les milieux à travers le monde – bon nombre d’hommes et de femmes s’efforcent de découvrir Dieu ou éprouvent le besoin de grandir dans leur foi.

Même s’ils font partie de différentes confessions (35) et ne partagent pas nécessairement tous les points de vue, il existe sans aucun doute une certaine unité d’esprit entre ces croyants qui par exemple prient pour les autres chrétiens lors de la Semaine de prière pour l’unité « afin que tous soient un » (Jean 17.21). En réalité, ils appartiennent tous à « l’Eglise de Dieu » (nommée à douze reprises dans le Nouveau Testament)… au « seul troupeau » conduit par « un seul berger » (Jean 10.16).

 
Claude Bouchot
 
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1. Billy Graham, La paix avec Dieu, Vevey : Editions G.M. / Editions des Groupes Missionnaires, 20e éd., 1982, 4ème de couverture.
2. Jean-Pierre Van Deth, « Pour s’unir, il faut être différents », 2000 ans de christianisme, Vol. 10, Paris : Aufadi - S.H.C. International, 1976, p. 74.
3. Le Petit Larousse, Paris : Larousse, 2003.
4. TOB - Ancien Testament, « Introduction à la Bible », 7e éd., Paris : Cerf - Les Bergers et les Mages, 1976, p. 11-12, passim.
5. Ouvrage collectif, La Bible déchiffrée, Paris : Fleurus, 1977, p. 37-40, passim.
6. Anonyme, Jean-Paul II reçoit les participants de la Rencontre des Sociétés bibliques, Article publié le 23-04-2002, Site de l’agence d'information catholique ZENIT, [En ligne] http://www.zenit.org/, (consulté en août 2012).
7. Document collectif, Interpréter la Bible, « Réflexion sur l'herméneutique préparée par la Commission de théologie en vue des Synodes régionaux », Texte de référence publié en 1996, Site de l’Union Nationale des Eglises Réformées Évangéliques Indépendantes de France, [En ligne] http://erei.free.fr/, (consulté en août 2012).
8. François Bluche, Pierre Chaunu, Lettre aux Eglises, Paris : Fayard, 1977, p. 185-186.
9. Document collectif, L’autorité de l’Ecriture, « Vade-mecum des pasteurs », Texte de base publié en 1981, Site de l’UEPAL (Union des Eglises protestantes d'Alsace et de Lorraine), [En ligne] http://www.uepal.fr/, (consulté en août 2012).
10. Daniel Robert, « Les divergences des confessions », 2000 ans de christianisme, Vol. 10, Paris : Aufadi - S.H.C. International, 1976, p. 13.
11. Catéchisme de l’Eglise catholique, Paris : Mame / Plon, 1992, p. 31-32, passim.
12. René Pache, L'Inspiration et l’Autorité de la Bible, Saint Légier sur Vevey : Emmaüs, 1967, p. 290-291.
13. Daniel Robert, op. cit., p. 16.
14. Karl Heinz Neufeld, « Tradition » Dictionnaire critique de théologie, Paris : Quadrige / PUF, 2007, p. 1405.
15. Jacques Blocher, Le catholicisme à la lumière de l'Ecriture Sainte, Nogent-sur-Marne : Institut Biblique de Nogent, 1979, p. 23.
16. Hubert Bost, « Tradition » Dictionnaire critique de théologie, Paris : Quadrige / PUF, 2007, p. 1407.
17. Karl Heinz Neufeld, op. cit., p. 1407.
18. Dei Verbum, « Constitution dogmatique sur la Révélation divine », Concile Vatican II, Document promulgué le 18 novembre 1965, Site du Vatican, [En ligne] http://www.vatican.va/, (consulté en août 2012).
19. Thomas Domanyi, « La situation de la liberté religieuse dans le catholicisme moderne », Conscience et Liberté (Organe officiel de l'Association internationale pour la défense de la liberté religieuse), n° 67, 2006, p. 85-86.
20. La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise, « Instrumentum laboris », Synode des Evêques, XIIe Assemblée Générale Ordinaire, Document de travail publié en 2008, Site du Vatican, [En ligne] http://www.vatican.va/, (consulté en août 2012).
21. Thomas Domanyi, op. cit., p. 81, 84.
22. Encyclopédie Universalis, « Jan Hus », [En ligne] http://www.universalis.fr/, (consulté en août 2012).
23. Anonyme, La Réforme, Site de la Fédération protestante de France, [En ligne]  http://www.protestants.org/, (consulté en août 2012).
24. Document des Nations Unies, Déclaration universelle des droits de l'homme, Paris : O.N.U., 1948.
25. Mary Robinson, « La Déclaration universelle des droits de l’homme : espoir et histoire », Conscience et liberté (Organe officiel de l'Association internationale pour la défense de la liberté religieuse), n° 56, 1998, p. 45.
26. Jean Delumeau, Guetter l’aurore, Paris : Grasset, 2003, p. 53 (cf. l’article de Bruno Chenu dans La Croix du 28 février 2000).
27. André Birmelé, « Unité de l’Eglise », Dictionnaire critique de théologie, Paris : Quadrige / PUF, 2007, p. 1458-1459.
28. Jean Delumeau, op. cit., p. 189, 196.
29. Note de la Bible d’étude Vie Nouvelle, Version Segond 21, p. 466, Copyright © 2004 Société Biblique de Genève, Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.
30. Edmond Itty, Illusions et trahisons de notre temps, 4e éd., Paris : Les Bons Semeurs, 1967, p. 17, 19.
31. Günther Gebhardt, « Les religions, incendiaires de la haine ou pompiers de la paix ? », Conscience et Liberté (Organe officiel de l'Association internationale pour la défense de la liberté religieuse), n° 68, 2007, p. 20.
32. Gabriel Nissim, « Cohésion sociale, pluralisme, liberté de conscience », Conscience et liberté (Organe officiel de l'Association internationale pour la défense de la liberté religieuse), n° 70, 2009, p. 74-75.
33. Jean Charles Thomas, Béatitudes pour aujourd’hui, 1985.
34. Ferdinand Buisson, La religion, la morale et la science - Leur conflit dans l'éducation contemporaine, Paris : Fischbacher, 1904, p. 201.
35. N’oublions pas par ailleurs les nombreux autres croyants sincères – Dieu les agrée aussi volontiers – qui vivent en marge ou en dehors des institutions ecclésiales. Ceux-là fondent également leur foi sur l’Evangile et l’enseignement des apôtres, mais auraient du mal à supporter les possibles imperfections des Eglises chrétiennes (hélas, aucune Eglise n’est parfaite) : autoritarisme, administration paralysante, carriérisme, dogmatisme caractérisé, enseignements fantaisistes, déviances, scandales, hypocrisie des dirigeants, orgueil spirituel... Ces croyants attachés aux Ecritures sont certainement aussi largement bénis de Dieu que ceux, inscrits sur un registre d’Eglise ! Ils veulent simplement être plus libres pour découvrir (ou redécouvrir) le véritable christianisme.
 
 
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